La nouvelle Citroën C5 Aircross arrive à un moment où le marché n’a plus la patience des demi-mesures. Le SUV familial doit être confortable, valorisant, technologiquement crédible… et désormais électrifié, sous peine de passer pour un produit d’hier. Dans ce contexte, Citroën joue une carte intéressante : proposer une même silhouette, une même philosophie de “cocon roulant”, mais deux lectures mécaniques très différentes.
Nous avons pris le volant des deux versions les plus parlantes aujourd’hui : l’hybride et la 100 % électrique. Et si l’une confirme la cohérence traditionnelle de la marque, douceur, facilité, pertinence, l’autre pose une question plus délicate : celle de l’autonomie réelle, nettement inférieure aux chiffres annoncés. Sur le papier, l’électrique promet 440 km. Dans notre usage, nous avons plutôt constaté 200 à 250 km, avec une sensation de décharge rapide qui pèse sur la sérénité au quotidien.
Une silhouette de SUV mature, pensée pour l’usage
Dès les premiers regards, cette nouvelle génération de C5 Aircross cherche moins l’effet “coup de poing” que la maturité. Les lignes sont plus tendues, la présence plus statutaire, et l’ensemble assume une identité familiale plutôt qu’un sportwear agressif. On retrouve une vraie logique Citroën : un design lisible, des volumes protecteurs, et une volonté de donner le sentiment d’un véhicule “fait pour durer”.

La bonne surprise, c’est que cette posture fonctionne aussi bien sur l’hybride que sur l’électrique : mêmes repères visuels, même impression de SUV sérieux, avec une dimension presque “grand tourisme du quotidien”. C5 Aircross vise clairement les familles, les trajets mixtes, les départs en week-end, et cette cohérence se voit. La voiture ne surjoue pas l’électrification. Elle se contente de proposer une alternative.






À bord : Citroën soigne son argument numéro 1, le confort
La marque ne s’en cache pas : chez Citroën, le confort n’est pas un supplément d’âme, c’est le cœur du produit. Et sur cette C5 Aircross, l’ambiance va dans ce sens. Position de conduite naturellement haute, assises accueillantes, insonorisation globalement soignée : on retrouve cette sensation de véhicule fait pour rouler longtemps sans fatiguer.

Dans la vie à bord, les deux versions se ressemblent : même logique d’habitabilité, même esprit “family friendly”, même ergonomie orientée usage. Le coffre, l’espace arrière, la facilité d’installation sont au rendez-vous. Là où l’électrique se distingue, c’est dans l’atmosphère : le silence de fonctionnement amplifie la sensation de cocon. Sur trajets urbains et périurbains, c’est clairement le terrain où la C5 Aircross électrique est la plus agréable.










Reste un point essentiel : dans un SUV familial, la technologie doit aider, pas compliquer. Ici, Citroën progresse : l’interface est plus moderne, plus cohérente, et les aides à la conduite s’intègrent sans devenir intrusives.
Hybride : la version la plus cohérente au quotidien
C’est souvent le paradoxe du moment : dans une période obsédée par le “tout électrique”, l’hybride devient la solution la plus simple pour beaucoup d’automobilistes. Et sur cette C5 Aircross, la version hybride s’impose comme la déclinaison la plus équilibrée.

Sur route, elle propose une conduite fluide, agréable, avec une mécanique qui se fait vite oublier. En ville, l’hybride gère bien les transitions, limite le stress et permet une utilisation sans changer ses habitudes. Sur autoroute, elle conserve l’avantage de la continuité : pas de calcul mental permanent, pas d’arbitrage anxieux entre chauffage, vitesse et autonomie.

Surtout, l’hybride colle bien à la philosophie Citroën : rouler détendu, sans chercher la performance, mais avec une sensation de facilité. C’est la version qui convient le mieux à ceux qui font du mixte, qui alternent semaine urbaine et week-end long trajet, et qui veulent une transition douce vers l’électrification sans contrainte.
Full électrique : un confort indéniable, une autonomie qui interroge
Sur le papier, la C5 Aircross électrique joue la carte de la modernité. L’annonce de 480 km promet une polyvalence suffisante pour une grande partie des usages. Sauf que sur la route, l’écart entre fiche technique et réalité devient un sujet central. Dans notre essai, l’autonomie observée s’est plutôt située entre 200 et 250 km, avec une impression persistante que la voiture se décharge vite, notamment dès qu’on sort du cadre urbain idéal. Cela change tout : la conduite devient plus “gestionnaire”, la planification s’impose plus tôt, et l’on ne profite plus de la voiture avec la même liberté.

Attention : cela ne retire pas les qualités propres à l’électrique. Au contraire, la C5 Aircross EV est souvent la plus agréable en agrément pur : silence, douceur, immédiateté à basse vitesse, et confort encore plus perceptible. Mais sur un SUV familial, la question n’est pas seulement “est-ce agréable ?”, c’est “est-ce serein ?”. Et c’est là que cette autonomie réelle oblige à être clair : pour qui roule beaucoup, pour qui fait de l’autoroute, pour qui enchaîne les rendez-vous, la promesse initiale demande à être vérifiée au cas par cas. En usage urbain et périurbain régulier, avec recharge facile à domicile ou au travail, l’électrique retrouve sa logique. Mais pour du long trajet fréquent, l’hybride paraît, à ce stade, plus cohérent.
Deux personnalités, un même ADN, et un choix très concret
En conclusion, cette nouvelle Citroën C5 Aircross réussit l’essentiel : rester fidèle à l’ADN de la marque : le confort, la facilité, la voiture “qui prend soin” tout en proposant deux voies d’électrification. L’hybride apparaît comme la solution la plus universelle, la plus simple, la plus rassurante. L’électrique, elle, charme par son agrément et son silence, mais son autonomie réelle plus basse que prévu (200–250 km constatés contre 440 km annoncés) impose de choisir en fonction de son usage.
Points forts
- Confort de référence : suspension, assises, ambiance générale
- Habitabilité et logique familiale très convaincantes
- Hybride : polyvalence et tranquillité d’utilisation
- Électrique : silence, douceur, agrément en ville
- Identité Citroën assumée, sans surjouer le “techno-show”
Points faibles
- Électrique : autonomie réelle nettement inférieure aux chiffres annoncés (200–250 km constatés)
- Sensation de décharge rapide qui réduit la sérénité hors ville
- Pour les gros rouleurs, l’électrique demande une discipline et une infrastructure de recharge adaptées
Au final, cette C5 Aircross ne se juge pas sur une promesse, mais sur un profil d’usage. Et c’est précisément là qu’elle devient intéressante : une Citroën confortable, enfin proposée avec deux réponses dont une, l’hybride, ressemble aujourd’hui à la plus logique pour beaucoup.




