Une RS qui change de nature… sans renoncer
Audi Sport n’a pas simplement électrifié une RS 5. La marque a redéfini ce que signifie être une sportive aujourd’hui. Pour la première fois, la RS 5 adopte une motorisation hybride rechargeable, mais sans jamais diluer son ADN. Sur le papier, la promesse est ambitieuse : une voiture capable d’enchaîner les virages avec précision, d’avaler les kilomètres avec aisance et de circuler en silence en ville. Dans les faits, cette nouvelle RS 5 s’inscrit comme un point de bascule.
Sous le capot, le V6 biturbo 2.9 litres de 510 chevaux est désormais épaulé par un moteur électrique de 130 kW. Ensemble, ils développent une puissance combinée de 639 chevaux et un couple impressionnant de 825 Nm. De quoi propulser cette RS 5 dans une nouvelle dimension, plus large, plus complexe, mais aussi plus cohérente avec son époque. Audi ne parle plus seulement de performance brute, mais de polyvalence maîtrisée. Une RS capable d’être radicale… et pertinente.
Le cœur technologique : une transmission qui change tout
La véritable révolution de cette RS 5 ne se trouve pas uniquement dans son hybridation, mais dans sa manière de transmettre la puissance. Audi introduit ici une nouvelle génération de transmission quattro, intégrant un système inédit de vectorisation électromécanique du couple à l’arrière : le Dynamic Torque Control. Concrètement, la voiture est capable de répartir la puissance entre les roues arrière en quelques millisecondes, avec une précision quasi instantanée.

Le système analyse en permanence les paramètres de conduite, angle de braquage, accélération, forces latérales, et ajuste la distribution du couple jusqu’à 200 fois par seconde. Résultat : une motricité maximale, une agilité accrue et surtout une capacité à inscrire la voiture dans le virage avec une efficacité remarquable.
Ce dispositif est épaulé par un différentiel central autobloquant préchargé, toujours partiellement engagé, qui améliore la réactivité lors des transitions entre accélération et décélération. Dans les faits, la RS 5 ne se contente plus de passer la puissance au sol. Elle la sculpte.
Châssis et comportement : entre précision et tolérance
Pour accompagner cette montée en puissance technologique, Audi a entièrement retravaillé le châssis. La RS 5 repose sur une architecture optimisée avec des trains roulants spécifiques, une suspension sport RS à amortisseurs à deux soupapes et une direction recalibrée pour plus de précision. Cette technologie permet de dissocier compression et détente, offrant à la fois un confort réel sur route ouverte et une rigueur impressionnante en conduite dynamique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : jusqu’à 21 pouces de jantes, des freins acier ou céramique surdimensionnés, et une structure plus rigide qui améliore le ressenti global. Mais au-delà des données, c’est l’équilibre général qui marque.

La voiture reste stable à haute vitesse, incisive en entrée de virage et étonnamment progressive à la limite. Le travail effectué sur l’essieu arrière, entièrement repensé, permet notamment de conserver un contact optimal avec la route, même sous forte contrainte. La RS 5 gagne ainsi en précision sans devenir brutale. Une évolution notable dans la philosophie RS.

Design, expérience et usage : une sportive devenue complète
Visuellement, la RS 5 assume pleinement son statut. Plus large, plus basse, plus affirmée, elle adopte les codes classiques de la gamme RS avec une exécution modernisée. La calandre Singleframe élargie, les passages de roues marqués et les signatures lumineuses spécifiques — notamment les feux Matrix LED et OLED — renforcent une présence déjà imposante. À l’arrière, le diffuseur et les sorties ovales rappellent que l’on reste dans l’univers de la performance.

À bord, l’expérience devient plus technologique que jamais. L’instrumentation numérique, les écrans OLED et les interfaces dédiées permettent de suivre en temps réel les flux d’énergie, les performances ou encore les données de conduite. La nouvelle fonction “Audi driving experience” pousse même l’analyse jusqu’à proposer des données de pilotage, y compris sur circuit. Une approche presque analytique de la conduite, qui traduit bien l’évolution du segment.
Côté usage, cette RS 5 introduit aussi une dimension inédite : jusqu’à plus de 80 km en électrique, une recharge complète en environ 2h30 et une gestion intelligente de l’énergie selon le parcours. En Belgique, la RS 5 Berline débute à 108 600 €, tandis que la version Avant démarre à 110 250 €. Les commandes ouvriront début 2026 pour des premières livraisons attendues à l’été.
Conclusion
Avec cette RS 5 hybride rechargeable, Audi ne cherche pas à rassurer les puristes. Elle propose autre chose. Une sportive capable de conjuguer performance, technologie et usage quotidien, sans tomber dans le compromis mou. Une voiture qui ne remplace pas l’ancienne génération, mais qui ouvre clairement une nouvelle voie. Et dans cette transition, Audi semble avoir trouvé un équilibre rare : celui d’une machine toujours aussi rapide… mais désormais beaucoup plus intelligente.




